A propos

Le goût d’une tomate

Tout a commencé dans le potager de mon grand-père.

Chaque été, je le regardais s’affairer entre ses rangs de tomates, ses carottes, ses haricots et ses pommes de terre. Il avait pris sa retraite et s’y consacrait pleinement, avec cette patience tranquille que j’allais mettre des années à comprendre. Moi, je profitais surtout des récoltes. Et il y avait une évidence que je n’arrivais pas à expliquer : ses produits n’avaient tout simplement pas le même goût que ceux du supermarché. Cette différence, je l’ai portée sans vraiment y penser, comme une vérité acquise.

C’est elle qui a planté la première graine.

Le combi Volkswagen et le lopin de terre

Vers 16 ou 17 ans, sans savoir encore quelle voie professionnelle prendre, j’ai commencé à idéaliser quelque chose de précis : avoir mon propre jardin, cultiver ma nourriture, ne pas dépendre de grand-chose. J’imaginais un plan simple : travailler rapidement, économiser, m’acheter un petit lopin de terre, y garer mon combi Volkswagen et me nourrir moi-même. Travailler juste assez pour vivre, pas plus.

Ce n’était pas encore une conviction philosophique. C’était un rêve de liberté d’adolescent, ancré dans quelque chose de concret : la terre, les légumes, l’autonomie et l’indépendance.

J’ai finalement trouvé ma voie professionnelle, et elle m’a permis d’aller bien plus loin. Mais passé la trentaine, ce besoin de revenir à l’essentiel a refait surface. Plus fort, et mieux ancré cette fois. Ironie ou avenir tout tracé, je me retrouve à pouvoir vivre dans la petite ville de mon grand-père. Quelques jours avant mon arrivée, il part là-haut. Il aurait souhaiter que sa maison reste dans la famille mais personne ne voulait la garder et il y avait beaucoup de rénovation à prévoir. J’ai pris cela comme un signe et décidé de la racheter pour la refaire moi-même.

La réparation plutôt que la consommation

Je suis passionné d’histoire, au sens large : celle des civilisations comme celle de mes propres centres d’intérêt. Les jeux vidéo, le scooter, la voiture, tout ce que j’utilise, je préfère le comprendre et le réparer plutôt que le remplacer.

Ce réflexe est né par nécessité : étudiant, je n’avais pas les moyens de faire autrement. Mais il est devenu une conviction. J’ai rapidement compris que plus les choses sont simples, moins il y a de problèmes. Aujourd’hui, je pourrais me permettre un véhicule récent, mais je choisis délibérément des modèles anciens, fiables, que je peux entretenir moi-même. Pas par nostalgie, par logique.

Le slow travel, ou comment parcourir le monde sans se presser

Mon travail me permet de l’exercer de n’importe où. L’idée du nomadisme digital m’a naturellement attiré, mais à ma façon : je ne suis pas efficace si je change de base toutes les deux semaines et l’impact écologique des trajets en avion à répétition aurait était très fort. Alors j’ai opté pour une version lente, le slow travel.

Je suis parti en Indonésie, et j’y suis resté plus de deux ans. Sur place, j’ai parcouru l’archipel en bateau, en train, en voiture, en deux-roues, en prenant le temps de chaque endroit. L’avion, le moins possible. Ralentir ne veut pas dire rester immobile, cela veut dire choisir comment on avance.

Pourquoi ce site ?

Slow Life est mon carnet de notes.

Au fil des années, j’ai accumulé des recherches, des expériences, des erreurs et des découvertes sur tout ce qui touche à ce mode de vie : jardinage, autonomie, réparation, frugalité, voyage lent, numérique responsable. Plutôt que de laisser tout ça éparpillé, j’ai voulu le centraliser ici et le partager avec ceux qui se reconnaissent dans cette façon d’envisager les choses.

Il n’y a pas de manifeste ici, ni de leçon à donner. Juste des expériences concrètes, des pistes à explorer, et la conviction que ralentir n’est pas un recul, c’est un choix.

Bienvenue.